Les phénomènes de mode touchent tous les aspects de la vie, les vêtements, la décoration, les produits high-tech mais aussi et de plus en plus notre alimentation !

Le phénomène qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps, qui a envahi nos écrans, nos magazines et nos rayons de super marchés : « le sans gluten ».

Le gluten a de nos jours très mauvaise réputation, tellement que la mention sans gluten est devenue un critère de qualité que les marques de produits industriels affichent fièrement sur leurs emballages même en excès pour pousser le consommateur à choisir ce fameux produit sans gluten en croyant qu’il fait un choix judicieux pour sa santé .

Avant de se ruer sur ces produits et de mener une croisade contre le gluten des questions s’imposent !

  • Tout d’abord qu’est ce que le gluten ?
  • Le gluten est-il aussi mauvais pour nous tous ?
  • Comment savoir si nous nécessitons vraiment de passer au régime sans gluten ? !

Voyons ensemble tout ce qu’il faut savoir sur ce sujet et comment ne pas suivre les dictats de la mode !

Qu’est-ce que le gluten ?

En premier lieu, en entendant parler du gluten et des produits sans gluten, nombreux sont les personnes (à l’exception des professionnels du domaine de la santé, la biologie …etc) qui se sont demandés, mais qu’est ce que ce fameux gluten ?

Répondons ensemble à cette première interrogation !

Le gluten a été décrit en 1742 par Giacomo Beccari, professeur à l’université de Bologne. Le terme dérive du latin classique gluten = « colle, glu, gomme ». Il était initialement appelé glutine.

Le gluten est un ensemble de protéines que l’on retrouve dans les grains de nombreuses céréale (blé, seigle, orge, etc.).

Les protéines constituant le gluten permettent de stocker des oligo-éléments ou des acides aminés nécessaires au développement de la jeune pousse.

Le gluten est principalement constitué de deux protéines : la prolamine et la gluténine. Ce sont ces protéines, insolubles dans l’eau, qui donnent à la farine des propriétés viscoélastiques.

Pour faire claire comme vous l’avez sans doute compris, le gluten est la protéine de certaines céréales.

Alors la question qui se pose est : pourquoi une protéine a autant fait parler d’elle et pourquoi serrait- elle mauvaise pour notre santé ?

La réponse est la suivante : le gluten n’est pas mauvais pour notre santé à tous, étant donné que c’est une protéine et que les protéines sont nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme (elles doivent composer 15% de notre ration quotidienne).

Cependant dans certains cas particuliers chez certaines personnes cette protéine doit être supprimée des apports quotidiens.

Les questions qui se posent à présent sont les suivantes : Pourquoi le gluten est-il mauvais pour certaines personnes ? Et quels sont ces cas particuliers qui nécessitent réellement un régime sans gluten ?

Commençons par le cas le plus connu :

* La maladie cœliaque :

La maladie cœliaque est un trouble complexe dont le développement est contrôlé par une combinaison d’éléments génétiques (allèles HLA) et environnementaux (ingestion de gluten). Le diagnostic de la maladie cœliaque repose sur la détection d’anticorps [1].

Lors de la digestion du gluten, chez les personnes atteintes de la maladie cœliaque l’intestin produit des anticorps qui vont être dirigés contre deux éléments. Ces anticorps vont dégrader le gluten mais aussi une enzyme présente dans les cellules de l’intestin lui-même (d’où l’appellation de maladie auto-immune) ce qui provoque des lésions.

Au fil des expositions des cellules intestinales aux anticorps, ces derniers créent des lésions permanentes. Les lésions de l’intestin provoquent de nombreuses complications dont : les malabsorptions qui conduisent à des carences, l’anémie, la perte de poids, la fatigue en plus des désordres digestifs (diarrhées, ballonnements, douleurs intestinales) [2,3].

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi le gluten est dangereux pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque.

* L’intolérance au gluten :

Moins connue que la maladie cœliaque, bien que bien documentée :

La sensibilité ou l’intolérance au gluten non-cœliaque est une réaction au gluten dans laquelle les mécanismes allergiques et auto-immuns ont été exclus. Les critères diagnostiques incluent la présence de symptômes similaires à ceux des patients cœliaques ou allergiques, tests allergologiques négatifs et absence d’anticorps.

L’intolérance au gluten est représentée par une allergie alimentaire, provoque les même symptômes que la maladie cœliaque : douleurs abdominales, diarrhées, ballonnements, fatigue…

Cependant,  les manifestations surviennent quelques heures après l’ingestion de l’aliment contenant du gluten et ne provoquent aucun dommage permanent que ce soit sur le plant gastro-intestinal ou sur d’autres organes [4].

Le dernier cas beaucoup moins connu que la maladie cœliaque et l’intolérance au gluten : il s’agit de :

* L’ataxie cérébelleuse ou gluten ataxy :

L’ataxie cérébelleuse est une maladie grave du cerveau qui implique une incapacité à coordonner l`équilibre, les mouvements, les problèmes de parler, …

Autre fois les scientifiques avaient associé cette maladie aux manifestations de la maladie cœliaque mais récemment cette maladie en est devenue une à part entière est fait partie des neuropathies idiopathiques [4,5].

Le mécanisme d’action du gluten dans ce cas est mal connu.

Mis à part les cas cités précédemment le gluten est tout à fait digérable par votre organisme et ne nécessité aucunement d’être banni de notre alimentation au risque de provoquer des carences car à trop supprimer des groupes d’aliments surtout quand cela n’est pas nécessaire nous risquons toujours des carences.

Comment savoir si on est intolérant au gluten ?

Nous connaissons les cas nécessitants un régime sans gluten; mais comment savoir si nous faisons partie de ces personnes ?

L’intolérance au gluten provoque une grande variété de symptômes intestinaux et extra-intestinaux. Ces symptômes sont liés à l’ingestion d’aliments contenant du gluten [6] .

Voyons ensemble les signes qui indiquent que vous avez une intolérance au gluten :

1- Désordres gastro-intestinaux :

Les désordres gastro-intestinaux représentent les manifestations les plus courantes de l’intolérance au gluten.

Les douleurs abdominales sont les symptômes les plus fréquents, retrouvés chez (80%) des personnes soufrant de l’intolérance au gluten, suivies de diarrhée chronique (73%), de ballonnements (26%),  de vomissements, de constipation (20%).[7,8,9].

2- Lésions cutanées et dermatites :

L’intolérance au gluten peut provoquer des symptômes en dehors du tube digestif, c’est le cas des lésions cutanées et des dermatites [9,10].

Des personnes présentant ces lésions ont été traitées au régime sans gluten, a cours terme ce régime a permis de réduire les doses du traitement. À long terme les lésions ont disparu [11].

Ces mêmes personnes ont présenté de nouveau des lésions cutanées à la réintroduction du gluten dans leur alimentation ce qui montre la nécessité de suivre ce régime à vie lorsque nous sommes intolérants au gluten.

3- Les douleurs articulaires / l’arthrite :

Les douleurs articulaires font partie des manifestations extra intestinales de l’intolérance au gluten [12].

Pour ce qui est de l’arthrite, une étude a était menée sur un groupe de personnes souffrant d’intolérance au gluten. Cette étude avait pour but de déterminer la prévalence de l’arthrite chez cette population. Les chercheurs ont trouvé que 26% des patients atteints de l’intolérance au gluten présentaient une arthrite[13].

4- La fibromyalgie :

La fibromyalgie est un syndrome caractérisé par des douleurs diffuses dans tout le corps, douleurs associées à une grande fatigue et à des troubles du sommeil.

La sensibilité au gluten est de plus en plus reconnue comme une affection avec un large éventail de manifestations qui se chevauchent avec les manifestations de fibromyalgie, notamment la douleur musculo-squelettique chronique, l’asthénie et le syndrome du côlon irritable.

Une étude qui avait pour but de mettre en évidence le lien entre ces deux affections a été réalisée. Un groupe de personne souffrant de fibromyalgie ont été soumis a un régime sans gluten et ont vu leur état s’améliorer, suivi d’une rémission totale et arrêt des traitements antidouleurs. Les résultats de cette étude appuient l’hypothèse selon laquelle la sensibilité au gluten pourrait être une cause sous-adjacente du syndrome de la fibromyalgie [14].

5- Maux de tête :

Autre manifestation extra-intestinale de l’intolérance au gluten, les maux de tête [15]. Les chercheurs se sont intéressés à ce symptôme et pour mieux comprendre ils ont réalisé des IRM du cerveau des patients.

Les résultats étaient normaux cependant 90% des patients soufrant des maux de tête ont répondu au régime sans gluten [16]. Ces résultats démontrent que l’origine de leurs maux était bien liée à leur sensibilité au gluten.

6- Anxiété et problèmes émotionnels :

Toujours dans les manifestations neurologiques de l’intolérance au gluten. Les chercheurs ont noté que les patients atteints d’intolérance au gluten présentent un accru de symptômes d’anxiété et de dépression comparativement aux sujets témoins en bonne santé.

De plus, des différences entre les sexes peuvent être observées chez les patients, les hommes présentant des scores significativement plus élevés. Pour ce qui est des problèmes sociaux et les problèmes plus prononcés tels que la dépression, les femmes en présentent plus souvent.

Les enfants et adolescents ne sont pas épargnés, le taux de problèmes émotionnels et comportementaux est plus important chez les sujets atteints d’intolérance au gluten [17].

7- Dysfonctionnements neurologiques :

Autre symptôme extra-intestinal / neurologique, les dysfonctionnements neurologiques tels que les troubles de l’attention sont plus présents chez les patients atteints d’intolérance au gluten que chez la population générale. Ces troubles seraient dus aux carences vitaminiques causées par les malabsorptions [18] (suite aux diarrhées répétées par exemple).

8- Infertilité et problèmes gynécologiques :

Les chercheurs ont maintenant des preuves substantielles que l’intolérance au gluten est associée à l’infertilité à la fois chez les hommes et les femmes.

Chez les femmes, elle peut aussi entraîner des retards de menstruation, une aménorrhée, une ménopause précoce, des avortements récurrents et un taux de grossesse réduit.

Chez les hommes, elle peut provoquer un hypogonadisme, des caractéristiques sexuels secondaires immatures et réduire la qualité du sperme. Le mécanisme réel par lequel l’intolérance au gluten conduit à ces dysfonctionnements  n’est pas clair, mais des facteurs tels que la malnutrition, les carences en fer, en acide folique et en zinc ont tous été impliqués.

Le retrait du gluten et la correction des éléments alimentaires déficients peuvent conduire à un retour de la fertilité tant chez les hommes que chez les femmes [19].

9- Contractions et douleurs musculaires :

Retrouvées chez (34%) des sujets atteints d’intolérance au gluten les contractions musculaires sont un symptôme à ne pas négliger [20]! ces contractions touchent les membres supérieurs et inférieurs et sont également accompagnées de douleurs chez la majeure partie des sujets [20,21].

10- La fatigue chronique :

De nombreuses études ont été menées sur le sujet. Toutes ces études ont montré que les personnes atteintes d’intolérance au gluten présentaient une prévalence élevée de fatigue chronique (plus d’un 1 patient sur trois en souffre) [20,22,23].

Un dernier point :

Au fil de votre lecture vous vous êtes peut être retrouvés dans un, deux ou plusieurs des signes d’intolérance au gluten cités. Si c’est le cas, ne vous précipitez pas au supermarché pour dévaliser les rayons spécialisés ! Consultez votre médecin traitant car lui seul pourra confirmer que vous souffrez bel et bien d’intolérance au gluten et que vous nécessitez réellement un régime « sans gluten ».

Vous ne le savez peut être pas mais vous pouvez améliorer votre digestion et réduire les symptômes causés par une éventuelle intolérance au gluten en consommant des prébiotiques !

Les prébiotiques sont des bactéries qui sont naturellement présentes dans la flore intestinale, prenons comme exemple Lactobacillus spp et Bifidobacterium lactis. Consommer des préparations de prébiotiques vous aidera à dégrader le gluten et diminuera les symptômes tels que la diarrhée et les ballonnements [24,25].

Pour ceux d’entre vous dont l’intolérance au gluten a été confirmée, ne vous inquiétez pas il existe de nombreuses recettes et astuces culinaires qui vous permettrons de garder le plaisir de manger tout en protégeant votre santé.

Par exemple pour remplacer la farine de blé dans vos gâteaux ou préparations comme les sauces béchamels (faites attention aux calories, elles sont à consommer avec modération) confectionnez des mélanges de farines. Les plus utilisés sont :

30% farine de riz + 40% farine de sarrasin + 30% fécule de maïs
40% farine de lupin + 20% farine de maïs + 30% fécule de pomme de terre
30% farine de châtaigne + 30% fécule de maïs + 40% farine de riz
40% farine de millet + 40% farine de riz + 20% fécule de maïs
20% de farine de pois chiches + 30% farine de millet + 20% de fécule de pomme de terre + 30% farine de riz
30% farine de teff + 40 % farine de riz + 30% fécule d’arrow root

Ces mélanges peuvent être préparés à l’avance et stockés.

L’énigme du gluten étant résolu à présent, une question reste en suspend ! Vers quelle alimentation allez-vous vous tourner ? Alimentation traditionnelle et équilibrée, supplémentassions en prébiotiques, ou régime sans gluten ?

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